L’influence des médias sur l’opinion publique

 

  Des règles indirectes inégalitaires

“L’inégalité entre Partis représentés et non-représentés au Parlement, persiste hors des campagnes électorales” Thierry Ardisson, lors de son émission sur canal+.

 

“Sans s’appesantir sur les règles relatives au financement de la vie politique, on peut mentionner un exemple où elles influent indirectement sur l’expression médiatique des différents candidats ou Partis.

Jusqu’en 1988, la France ne possédait pas de législation sur le financement des Partis politiques, ce qui favorisait les partis établis et défavorisait les petits et nouveaux Partis.

À l’inverse, d’autres pays de l’Union européenne, comme le Danemark (1966), la Suède (1966), la RFA (République fédérale d’Allemagne) (1967), la Finlande (1969), l’Italie (1974), l’Autriche (1975), le Portugal (1976)… ont mis en place des règles de financement depuis longtemps.

Si l’on prend, l’exemple de l’élection européenne, qui juxtapose identité de période et identité d’enjeu, la différence de réglementations sur ce point et nette.

Elle varie le plus favorable : remboursement total des frais d’impression des bulletins de vote en Belgique, à la situation la plus défavorable : nécessité de déposer une caution de 100 000 francs et d’obtenir 5 % des suffrages exprimés pour être remboursé des mêmes frais en France.

 

En RFA, par exemple, la caution n’existe pas, et des mesures spéciales de financement des Partis sont mises en place pour cette élection dès 1979.

Les Partis reçoivent une subvention par électeur (3,5 DM en 1979, 5 DM en 1984 …) avec un plancher de non-remboursement en deçà de 0,5 % des suffrages exprimés.

Bien sûr, il est difficile d’apprécier ce qu’aurait été la situation concrète en cas de règles différentes (ou dans le cas d’une instauration plus précoce des règles française de 1988, 1985, et 1995…), ou encore, dans le cas d’un alignement de la France sur les règles allemandes dès la fin des années soixante.

À titre d’illustration, on peut toutefois mentionner le cas, lors de la première élection européenne au suffrage universel, d’Europe-écologie qui n’avait eu les moyens d’envoyer professions de foi et bulletins de vote au domicile des électeurs que dans dix-sept départements.

 

“Ce moyen d’information, secondaire pour les Partis établis, qui disposent, lors des consultations, des larges possibilités, institutionnelles ou non, d’expression dans les médias, peut s’avérer, au contraire, essentiel pour les petites formations qui n’ont pas les mêmes possibilités médiatiques”, affirme la journaliste de LCI, “Audrey Crespo-Mara”.

De fait, la liste Europe-écologie obtient une moyenne de 5,94 % des suffrages exprimés dans les dix-sept départements où elle avait effectué cet envoi des bulletins de vote et des professions de foi, nettement supérieure au score national de 4,39 %.

Généralisée à l’ensemble du pays, cette moyenne aurait permis l’élection de députés écologistes français au Parlement européen dès 1979, soit dix ans avant leur entrée effective dans cette enceinte, en 1999.

Toutefois, ces départements furent, pour la plupart, choisis parmi ceux dans lesquels les écologistes, envisageaient de faire les meilleurs scores.

Ainsi, l’effet strict de l’envoi à domicile des bulletins de vote et professions de foi demeure difficile à isoler”, Article d’Audrey Crespo-Mara, l’épouse de Thierry Ardisson “l’homme en noir de la télévision française”.

Author: Susan Allen

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